Quelles sont les postures de yoga : les 7 asanas essentielles à connaître (noms sanskrits et bienfaits)
Sept asanas essentiels suffisent à découvrir les postures de yoga, du cobra au chien tête en bas.
- Le cobra (Bhujangasana) ouvre la cage thoracique et tonifie le dos.
- Le chien tête en bas étire toute la chaîne postérieure, tous niveaux.
- La Salutation au Soleil enchaîne ces postures en un mouvement fluide.
- Chaque posture a son nom sanskrit et ses bienfaits spécifiques.
- Tenir 3 grandes respirations suffit pour le chien tête en bas.
- Les débutants peuvent plier les genoux sans forcer.
La posture du cobra (Bhujangasana), l’extension reine
Bhujangasana : signification et exécution
En sanskrit, Bhujanga désigne le serpent, et plus précisément le cobra, animal sacré associé à Shiva dans la tradition hindoue. Le nom de cette posture n’est pas anodin : le buste qui s’élève rappelle la tête du reptile qui se dresse, portée par une colonne souple et puissante.
Pour l’exécuter, allongez-vous sur le ventre, jambes tendues et front au sol. Placez les mains sous les épaules, paumes à plat, puis inspirez en poussant doucement sur les bras pour décoller le buste. Le pubis reste en contact avec le tapis et les épaules s’éloignent des oreilles. Le regard se porte vers l’avant ou légèrement vers le haut, sans jamais comprimer la nuque.
Les débutants peuvent rester en appui sur les avant-bras, une version plus douce qui prépare la colonne. L’essentiel est de ne jamais forcer : la hauteur du buste importe moins que la qualité de l’allongement vertébral.
Les bienfaits du cobra et sa place dans la Salutation au Soleil
- Ouvre la cage thoracique et améliore l’amplitude respiratoire
- Tonifie les dorsaux et renforce les muscles du dos
- Stimule l’énergie kundalini qui remonte le long de la colonne
- Soulage les tensions lombaires liées à la position assise
Le cobra s’insère naturellement dans la Salutation au Soleil, où il succède à la planche et précède le chien tête en bas. Ce mouvement d’extension contrôlé y apporte l’ouverture du buste qui équilibre les flexions avant. Sa présence quasi systématique dans les enchaînements explique pourquoi il figure parmi les postures les plus enseignées aux débutants.
Le chien tête en bas (Adho Mukha Svanasana), la posture emblématique

Si une seule posture devait représenter le yoga, ce serait sans doute le chien tête en bas. Adho Mukha Svanasana est accessible à tous les niveaux, du grand débutant au pratiquant confirmé, et revient dans presque toutes les séances. On part à quatre pattes, mains à plat, doigts bien écartés, puis on pousse les hanches vers le haut pour former une pyramide dont le bassin devient le sommet.
Les genoux peuvent rester pliés au début : c’est le meilleur moyen de stabiliser le bassin et d’allonger le dos sans forcer. On tient la posture pendant 3 grandes respirations, en cherchant à descendre les talons vers le sol sans crispation. Le dos s’étire, les épaules se relâchent, l’arrière des jambes s’ouvre progressivement.
Cette posture étire l’ensemble de la chaîne postérieure, tonifie les bras et invite à l’alternance entre effort et relâchement. Elle constitue aussi une charnière naturelle dans la Salutation au Soleil, où elle relie les extensions aux flexions. Un repère simple : si le dos s’arrondit, pliez davantage les genoux plutôt que de tirer sur les ischio-jambiers.
Pour une douleur qui irradie dans la fesse et la jambe, les postures de yoga pour la sciatique privilégient surtout des flexions douces et sans effort musculaire important.
La posture du pont (Chakrasana / Setu Bandha), la flexion arrière
Chakrasana : exécution et repères techniques
Le pont est une flexion arrière où le nombril monte vers le ciel. Le nom Chakrasana renvoie aux roues d’énergie, car le corps s’arrondit en arc. Cette posture exige à la fois de la force et de la flexibilité, ce qui la place plutôt au niveau intermédiaire.
En version douce, allongez-vous sur le dos, genoux pliés et pieds au sol. Poussez dans les pieds pour soulever le bassin, puis glissez les mains sous le bas du dos pour soutenir la zone lombaire. La version complète, dite Chakrasana, décolle le buste et la tête jusqu’à poser les mains au sol auprès des oreilles.
Quelques repères pour progresser sans forcer : gardez les genoux dans l’axe des pieds, répartissez l’appui sur les quatre coins de chaque pied, et respirez lentement sans bloquer la nuque. Si les épaules se ferment, revenez au Setu Bandha (pont classique), qui suffit déjà à travailler l’ouverture.
Bienfaits sur la cage thoracique et les chakras
Le pont agit d’abord sur le haut du corps : il étire la cage thoracique, les dorsaux et les bras, tout en renforçant le dos et les fessiers. Cette ouverture facilite la respiration ample et redresse le buste après une journée assise.
Sur le plan énergétique, l’arrondi du corps fait référence aux roues d’énergie (chakras) et invite à ouvrir le cœur. Les bienfaits se résument ainsi :
- Étire la cage thoracique pour une respiration plus ample
- Renforce les dorsaux et soutient la posture
- Ouvre les bras et assouplit les épaules
- Active les roues d’énergie en ouvrant le cœur
La posture de l’arbre (Vrikshasana), l’équilibre ancré
Vrikshasana tire son nom du sanskrit Vriksh, qui signifie arbre. Sur un pied, l’autre jambe pliée et le talon posé contre la cuisse interne, les mains jointes au-dessus de la tête, le corps dessine un axe vertical stable. Cette posture d’équilibre symbolise le lien entre ciel et terre : les pieds s’enracinent comme des racines, la colonne s’élève comme un tronc.
Incontournable pour travailler la concentration, l’arbre oblige à fixer un point stable devant soi et à respirer calmement pour limiter le balancement. La cheville et le genou de la jambe d’appui se renforcent, tandis que la conscience de soi s’affine à mesure que l’équilibre se précise. En cas de perte d’équilibre, on pose simplement le pied au sol et on recommence.
Pour progresser, placez le pied plus bas sur la jambe d’appui si le haut de la cuisse est difficile à atteindre. Quelques respirations lentes suffisent à ancrer la posture avant de changer de côté, sans chercher la performance.
Les postures du guerrier (Virabhadrasana I & II), le duo debout
| Variante | Orientation du corps | Placement des bras | Ancrage et regard |
|---|---|---|---|
| Guerrier I (Virabhadrasana I) | Face à l’avant du tapis | Bras tendus vers le ciel | Pieds bien plantés, regard vers le haut |
| Guerrier II (Virabhadrasana II) | Profil, ouverture latérale | Bras à l’horizontale, en croix | Jambes solides, regard vers la main avant |
Le Guerrier fait partie des 12 postures de base sélectionnées par Swami Vishnudevananda pour initier les débutants. C’est aussi une posture fondatrice : le Guerrier I constitue la base de nombreuses séquences d’Ashtanga, où il sert de transition entre les mouvements et les étirements profonds.
Virabhadrasana : la métaphore du guerrier intérieur
Le nom sanskrit Virabhadrasana renvoie à Virabhadra, un guerrier mythologique né de la colère de Shiva. La posture n’incite pourtant pas à la violence : elle symbolise l’autodiscipline et la maîtrise de soi. Tenir un Guerrier demande de la concentration, un ancrage solide et de la force dans les jambes.
Le Guerrier existe en 3 déclinaisons principales (I, II et III), et l’on recense au total 5 postures de guerriers différentes et complémentaires dans la pratique du yoga. Les variantes I et II forment le duo debout le plus enseigné, car elles travaillent l’ouverture des hanches et le renforcement des cuisses sans exiger d’équilibre sur une jambe.
Bienfaits et conseils de pratique
Le Guerrier I étire le buste et ouvre la poitrine, tandis que le Guerrier II développe l’endurance et l’ouverture latérale. Pour un débutant, l’essentiel est de garder le genou avant aligné au-dessus de la cheville et de ne jamais laisser la jambe arrière s’affaisser. Mieux vaut une posture moins profonde mais stable qu’une ouverture forcée qui déséquilibre le bassin.
La posture de la chandelle (Sarvangasana), l’inversion reine
Dans Sarvangasana, tout le corps repose sur les épaules et le cou, les jambes tendues vers le ciel. Le poids se répartit sur l’arrière des épaules, jamais sur la nuque : placez un coussin sous les épaules et gardez la tête au sol pour protéger les cervicales. Bras le long du dos, mains dans le dos pour soutenir le bassin.
Cette inversion stimule l’afflux sanguin vers le cœur et la tête et facilite l’oxygénation de l’organisme. Elle soulage particulièrement les jambes lourdes, ce qui la rend précieuse pour les professions debout prolongé. Son nom sanskrit signifie « posture de tout le corps », car elle agit sur l’ensemble des systèmes.
Pour débuter, restez quelques respirations puis redescendez lentement, genoux pliés vers la poitrine. Évitez cette posture en cas de tension cervicale, d’hypertension non contrôlée ou de problèmes oculaires : privilégiez alors les jambes contre le mur, tenues 5 à 10 respirations, qui offrent un effet proche en douceur.
La posture du cadavre (Savasana), le relâchement final
Savasana clôture la séance : allongé sur le dos, bras le long du corps, paumes vers le ciel, jambes légèrement écartées. Le corps devient totalement inerte, comme un cadavre, tandis que la conscience reste éveillée. Comptez 5 à 10 minutes pour que le relâchement s’installe vraiment.
C’est ici que le travail physique s’intègre. Les tensions accumulées pendant les postures se dissolvent, le souffle ralentit, le système nerveux bascule en mode repos. Savasana chasse les tensions et facilite l’intériorisation : vous observez vos sensations sans juger.
Ne sautez jamais cette posture, même pressé. Quelques minutes suffisent pour ancrer les bénéfices de la pratique et retrouver un état de pleine conscience avant de reprendre vos activités.
